| Il est inacceptable
que les recettes en la matière soient faibles
au moment où notre pays recèle des potentialités
touristiques énormes, prêtes à l'exploitation.
Dans notre pays, le tourisme a jadis souffert d'une
disproportion flagrante entre les potentialités
touristiques importantes du pays et les effectifs insignifiants
de touristes et de réceptifs.
Pour résoudre cette problématique, il
a été axé au départ, sur
la solution institutionnelle comme le laissent croire
les fréquents changements qu'a connue l'institution
chargée du tourisme (Commissariat Général
du Tourisme, Délégation Générale
du Tourisme, Office Nationale avec statut d'association
théoriquement à droit privé, Etablissement
public ou Direction du Tourisme, etc ).
Mais la vision est devenue plus claire, depuis 1985,
et l'approche plus cohérente et plus complète.
Au cours de cette même année, une étude
a été faite et a arrêté les
objectifs fondamentaux et les actions sectorielles à
entreprendre. Les conclusions de cette étude
convergent largement avec ceux de la déclaration
de politique générale du tourisme adoptée
en 1994.
Nouvelle stratégie de développement
La nouvelle donne internationale a provoqué
un certain sursaut de notre tourisme qui affichait un
retard inacceptable pour plusieurs raisons.
D'abord, le tourisme est devenu une industrie mondiale
de premier plan avec, en 1998, 626 millions de touristes
fournissant la plus grande part relative de recettes
dans le monde, 444 milliards de dollars, devant les
télécommunications et les hydrocarbures.
Bien que très en retard par rapport au reste
du monde, l'Afrique a totalisé, au cours de cette
même année, 25 millions de touristes et
10 milliards de dollars de recettes, enregistrant des
augmentations respectivement de 7,5 % et 5,9%.
Le produit touristique est un grand pourvoyeur d'emplois
au moment où, partout dans le monde, le chômage
a commencé à prendre des proportions alarmantes
du fait de la conjoncture internationale. Le tourisme
constitue aussi une source appréciable de devises.
La réussite de notre pays dans ce secteur demeure
le fruit de l'adoption de la Déclaration de Politique
Générale du Tourisme en septembre 1994.
Celle-ci a constitué le premier pas vers la dynamisation
du secteur. Cette politique a eu pour finalité
de promouvoir un tourisme de qualité et d'optimiser
la contribution du secteur au développement de
la Mauritanie.
Cette politique a, de manière globale, privilégié
la mise sur pied d'un guide touristique recensant l'ensemble
des potentialités et des produits ainsi que la
promotion des recettes culinaires nationales. Cette
démarche demeure certes, subordonnée à
la qualité du personnel touristique, surtout
des cadres. La formation est donc un élément
transversal indispensable à toute politique.
Aujourd'hui, le secteur connaît un grand regain
d'intérêt avec la création d'un
Centre de formation aux différentes spécialités
touristiques ainsi qu'un Office National de Tourisme
à Nouakchott. Ces deux pans de l'activité
touristique offriront à notre pays l'opportunité
de bâtir une véritable industrie touristique
qui jouera un rôle déterminant en matière
de développement national.
Tourisme intérieur : une option de
nombre de mauritaniens
Il y a quelques années, la préférence
de l'élite nationale pour les vacances allait
aux déplacements à l'étranger.
Cette tendance est en train de prendre du recul. Le
rôle de l'élite, qui sert de modèle
et d'exemple aux populations, est déterminant
dans le changement des comportements et des mentalités.
Les comportements des citoyens doivent s'inscrire dans
une parfaite harmonie avec les exigences du développement.
C'est ainsi que les opportunités ont été
ouvertes aux hommes d'affaires nationaux pour investir
dans le tourisme à l'intérieur du pays.
Les infrastructures de base déjà mises
en place sur l'ensemble du territoire national ont incité
les détenteurs nationaux de capitaux à
construire des infrastructures touristiques. La construction
des routes, l'approvisionnement des villes en eau potable,
l'installation de l'électricité et des
outils et supports de communication contribuent largement
au développement de l'activité touristique
à l'intérieur du pays. A Aïoun, Atar,
Keur Macène et Néma, entre autres, des
hôtels, des auberges et des tours opérateurs
déjà aménagés accueillent
régulièrement de nombreux vacanciers nationaux.
Ce faisant, les investisseurs tirent eux-mêmes
de nombreux profits et entraînent des effets induits
sur la zone où ils développent leurs activités.
Le choix de sites de vacances dans le pays comporte
moins de dépenses comparativement aux frais de
séjour à l'étranger sans compter
qu'il offre un cadre et un environnement plus conformes
à nos traditions, nos valeurs et nos goûts.
Cette dynamique déjà bien amorcée
doit se poursuivre et son impact doit se traduire par
des retombées bénéfiques sur la
promotion et le développement du tourisme intérieur.
En réalité, le tourisme national doit
servir de pivot central au secteur.
Sur un autre plan, les déplacements revêtent
un caractère de contact avec les proches et les
siens et cela est un devoir religieux parce que la «Silatt
- Errahim» est vivement recommandée par
l'Islam. Autrement dit, celui qui établit le
contact avec ses proches, sa ville, sa wilaya et son
pays doit être accompagné d'une volonté
sincère de les connaître, leur rendre visite,
leur être utile soit en leur prodiguant des conseils,
des connaissances, des informations ou du réconfort
moral. Il ressort des enseignements islamiques que la
«Silatt-Errahim» est un support de la cohésion
et de l'harmonie au sein de la famille et de la société
et par conséquent participe à la préservation
de la structure sociale.
Aujourd'hui, il est évident que le tourisme
intérieur, plus qu'un simple tourisme apportera
au terroir cette solidarité susceptible d'y améliorer
les conditions de vie.
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