| Bamako, 3 déc
(AMI) - Le 23eme sommet des chefs d'Etat d'Afrique et
de France s'est ouvert samedi en fin de matinée
au palais des congrès de Bamako en présence
du Président du conseil militaire pour la justice
et la démocratie, chef de l'Etat, le colonel
Ely Ould Mohamed Vall et de 52 autres chefs d'Etat et
de gouvernement ou de leurs représentants ainsi
que du Président de la République francaise,
Jacques Chirac et des premières dames.
A cette occasion, le président malien Amadou
Toumani Touré, a prononcé un discours
dans lequel il a tout d'abord salué la présence
des premières dames d'Afrique.
Le chef de l'Etat malien a également salué
la présence du secrétaire général
adjoint de l'Union Africaine, du commissaire européen
au développement et des représentants
de institutions africaines et internationales.
" la cérémonie qui nous réunit
est le lieu pour témoigner toute la reconnaissance
du mali pour la France qui n'a ménagé
aucun effort pour la réussite de ce sommet"
a affirmé le Président malien.
Il a fait l'éloge du président français
pour sa solidarité agissante avec l'Afrique et
le bond qualitatif enregistré dans les relations
entre la France et l'Afrique grâce à l'engagement
personnel de M. Chirac.
Le Président Amadou Toumani Touré a indiqué
que ce sommet est un cadre d'échanges entre deux
parties où se discutent les questions liant la
France et l'Afrique mais également à travers
la France avec l'europe.
Il a salué les efforts de la France et des européens
pour l'annulation de la dette des pays africains pour
atténuer les souffrances de 14 pays africains
très endettés et très pauvres.
" La participation de l'Afrique aux deux guerres
mondiales et l'espace francophone sont autant de facteurs
pour rapprocher l'Europe de l'Afrique car l'Afrique
est un contient en pleine mutation et ses progrès
sont incontestables mais ils doivent être soutenus
davantage", a-t-il précisé.
Il a également indiqué que l'intégration
africaine est une voie de salut pour le continent africain
et le renforcement des organisations sous-regionales,
l'UMA, la Cedeao... etc sont la preuve tangibles pour
une Afrique solidaire. " malgré les acquis
nous n'occultons pas les problèmes et les conflit,
les guerres et les soulèvements armés,
ces conflits où les jeunes sont impliqués".
Mais nos jeunes peuvent aussi être un facteur
de paix et de stabilité, a expliqué le
président malien en soulignant que les problèmes
de santé, la crise de l'emploi, le chômage
des jeunes sont de véritables drames dans les
familles africaines.
Le Président malien devait ensuite préciser
que la jeunesse africaine est notre plus grand atout.
Nous devons tout faire pour que des dizaines de millions
de jeunes africains ne soient pas laissés à
leur sort.
" Cette jeunesse attend beaucoup de nous, surtout
des solutions des problèmes et une attention
particulière.
Comment parler de la jeunesse sans parler de l'immigration
de ces jeunes tentes d'aller dans une aventure ? combien
d'entre eux se sont noyés dans la méditerranée
et dans l'atlantique. Ils ont été tout
simplement abandonnés dans des embarcations à
leur sort.
L'immigration nous interpelle tous: pays de départ,
pays de transit et pays de débarquement.
Je souscris à une conférence entre l'Europe
et l'Afrique sur le problème de l'immigration,
a dit le Président Amadou Toumani Touré.
Prenant la parole au nom des chefs d'Etat d'Afrique,
le Président gabonais, Omar Bongo a remercié
le président malien pour la qualité et
la chaleur de l'accueil.
Le président bongo devait dire: " consacrer
un sommet aux problèmes de la jeunesse est une
initiative que je salue avec force. La participation
d'un grand nombre de chefs d'Etat démontre la
volonté des chefs d'Etats à discuter les
problèmes de la jeunesse, à relever les
défis du Sida, du chômage, à prendre
en compte les préoccupations des jeunes, la formation
et l'emploi.
M. Bongo a tenu à affirmer que " les moyens
de nos Etats ne permettent pas de satisfaire tous les
besoins de nos jeunes". Mais "ce sommet nous
permet de réfléchir à un partenariat
nouveau pour trouver des solutions aux problèmes
de notre jeunesse".
La parole a été ensuite donnée
au président français, Jacques Chirac
qui s'est dit confiant que " l'Afrique va impressionner
le monde par ses progrès et ses succès
et la France entend contribuer à cette renaissance.
Quel avenir l'Afrique v-a-t-elle offrir à sa
jeunesse", s'est interroge le président
français , soulignant que "c'est bien la
seule question qui vaille, celle qui détermine
toutes les autres et à laquelle il nous appartient
tous ensemble, d'apporter une réponse."
"j'en appelle à la responsabilité
de chacun. ensemble, africains et européens,
nous avons pour devoir de démanteler les réseaux
d'immigration clandestine, derrière lesquels
se cache un commerce odieux et mafieux. Ensemble, nous
devons favoriser le développement et permettre
aux africains de trouver chez eux des conditions de
vie et de travail décentes" a lancé
le président Chirac qui a aussi affirmé
que "la France et l'Union européenne se
sont engagées à intensifier leurs efforts
dans ce domaine". Le chef de l'Etat français
a, dans ce sens, souligné que ce nouvel élan
devrait passer aussi par la reconnaissance du rôle
essentiel de ces acteurs du développement que
sont les africains de la diaspora. Il faut favoriser
l'expérience, le savoir-faire, l'épargne
qu'ils apportent à l'Afrique, a-t-il insisté.
Le président Chirac s'est voulu en même
temps optimiste quant à l'avenir de l'Afrique
en précisant que le continent qui a réalisé
un taux de croissance de 5% " est sur la voie du
développement".
" la France s'engagera pour que le prochain G8
de Saint Peters bourg marque une mobilisation exceptionnelle
pour le continent africain et cela dans trois domaines
essentiels: la formation professionnelle, les infrastructures
et la valorisation des ressources du sous-sol",
a-t-il dit.
L'adresse des jeunes a été faite par
Mme Tamoifo Nkom Marie, porte parole de la jeunesse
africaine, qui a indiqué que l'Afrique est malade
de la jeunesse absente de la prise de décision.
Elle a regretté que l'on assimile la jeunesse
aux émeutes, conflits... "nous avons voulu
parler franc à la France et à l'Afrique
, exposer nos problèmes dans un monde où
s'érige une mauvaise citoyenneté et nous
ne voulons plus de déclaration mais des mesures
politiques concrètes pour la réalisation
des objectifs et des aspirations des jeunes", a-t-elle
dit.
A l'issue de cette adresse, la porte parole des jeunes
a remis aux présidents malien et français
la lettre des doléances des jeunes africains.
Au terme de la séance solennelle d'ouverture,
les chefs d'Etat se sont réunis à huis
clos pour examiner les questions à l'ordre du
jour de la conférence.
Il est à noter que le colonel Ely Ould Mohamed
Vall avait eu hier soir des entretiens avec le président
Nigerien Mamadou Tandia centrés sur les relations
de coopération bilatérales et les moyens
de les renforcer davantage. |