| Nouakchott, 22 nov (AMI)
- L'idée retenue des journées "portes
ouvertes" sur la micro-finance est que l'expérience
vécue dans notre pays a montré des progrès
sensibles dans notre environnement social qui souffre
encore de pauvreté, en particulier les franges
marginalisées, a déclaré le premier
ministre, Monsieur Sidi Mohamed Ould Boubacar.
Le premier ministre qui s'exprimait en marge des manifestations
marquant la commémoration de l'année internationale
de la micro-finance a précisé qu'il est
clair que les institutions de micro-finance vont jouer
un rôle important dans la lutte contre la pauvreté
et en faveur du développement du pays, ajoutant
qu'elles ont encore besoin d'appui aussi bien de la
part de l'Etat que des bailleurs de fonds car les financements
disponibles sont bien en deçà de la demande.
Monsieur Sidi Mohamed Ould Boubacar a ajouté
que les financements déjà acquis par les
bénéficiaires ont été utilisés
à bon escient et que ceux-ci en ont profité
judicieusement. L'enthousiasme et la volonté
des bénéficiaires de s'acquitter de leurs
créances en est la preuve, a-t-il conclu.
Le premier ministre a procédé auparavant
à la coupure du ruban symbolique annonçant
l'inauguration d'une exposition organisée en
marge des journées "portes ouvertes sur
la micro-finance".
Cette manifestation, à laquelle ont pris part
les associations professionnelles et opérateurs
de la micro-finance, des coopératives féminines
et des institutions et organismes opérant dans
le secteur, est organisée par le Commissariat
aux droits de l'homme, à la lutte contre la pauvreté
et à l'insertion, le Secrétariat d'Etat
à la condition féminine, la Banque centrale
de Mauritanie et l'Association des professionnels et
opérateurs de la micro-finance avec l'appui du
Pnud.
Les journées "portes ouvertes" doivent
permettre à l'ensemble des acteurs de ce secteur
de partager leurs expériences et leurs idées
sur le développement du micro-crédit afin
d'impulser son développement et accroître
sa contribution à la réduction de la pauvreté.
Au niveau des stands des mutuelles, associations, coopératives
féminines mais aussi des institutions et organismes
opérant dans le micro-credit, le premier ministre,
accompagné de plusieurs membres du gouvernement,
du wali de Nouakchott, du président de sa communauté
urbaine et du maire de Tevragh zeina, a suivi des explications
détaillées sur l'évolution des
activités de la micro-finance, les progrès
enregistrés et les obstacles qui entravent la
bonne marche du secteur.
Le premier ministre a, auparavant, présidé
la cérémonie d'ouverture des journées
au cours de laquelle le commissaire aux droits de l'homme,
à la lutte contre la pauvreté et à
l'insertion a indiqué que l'organisation de cette
manifestation s'inscrit cette, année, dans un
contexte national marqué par des réformes
importantes initiées par le Conseil Militaire
pour la Justice et la Démocratie visant l'instauration
d'une démocratie réelle et d'une justice
indépendante garantissant les droits des citoyens
ainsi que l'introduction d'une bonne gouvernance fondée
sur le renforcement des capacités de la société
civile considérée désormais comme
partenaire à part entière et acteur du
développement du pays.
M. Sid'ahmed Ould El Bou a ajouté que la proclamation,
par l'Organisation des Nations Unies de l'année
internationale du micro-credit 2005, vise à permettre
aux groupes pauvres et vulnérables un meilleur
accès au micro-credit. Pour accompagner cet effort,
notre pays, a-t-il précisé, a adopté
deux stratégies nationales de promotion de micro-finance
en 2003, favorisant l'accès aux services viables
et durables pour une majorité de ménages
pauvres jusqu'ici exclus des avantages du système
bancaire classique.
Le gouverneur de la BCM a indiqué que l'organisation
de ces journées, qui intervient après
l'adoption d'une stratégie nationale de micro-finance
et l'organisation d'une table ronde avec les partenaires
au développement pour la mobilisation de son
financement, témoigne de l'importance que les
autorités accordent à ce secteur pour
parvenir à des progrès substantiels dans
la réalisation des objectifs du millénaire.
M. Zeine Ould Zeidane a ajouté que, compte tenu
de l'importance de ces services financiers dans la stratégie
de développement du pays, la Banque centrale
a oeuvré pour leur expansion à travers
la mise en place du cadre légal et réglementaire,
la création d'un cadre institutionnel approprié
pour la supervision et la promotion de l'offre.
La représentante résidente du PNUD a
indiqué que la proclamation par l'Organisation
des Nations Unies de l'année internationale de
la micro-finance est l'aboutissement d'un long processus
ayant commencé en 1998 dans le cadre de la décennie
pour la lutte contre la pauvreté et reflète
la volonté de la communauté internationale
de créer un système financier plus accessible
aux pauvres en vue de la réalisation des OMD.
Mme Cecile Molinier a ajouté que le gouvernement
de la Mauritanie, conscient du rôle primordial
de la micro-finance dans la lutte contre la pauvreté,
a fait de celui-ci un axe fondamental de ses politiques
et stratégies de développement.
Les efforts consentis en matière de micro-finance
en Mauritanie ont permis l'émergence d'un secteur
qui regroupe aujourd'hui 67 institutions agréées
dont 26 appartenant au seul réseau des Capec,
11 autres résultent d'initiatives privées
féminines marquant le dynamisme des femmes dans
ce secteur.
A fin avril 2005, les données disponibles font
apparaître que l'épargne collectée
se chiffre à plus de 2,2 milliards d'ouguiya,
les crédits distribués à 5,2 milliards
d'um et le nombre d'adhérents à 52 000
personnes dont 40 pour cent de femmes.
La progression de ce secteur reste toutefois contrainte
par le faible niveau de ressources de refinancement
notamment à moyen et long terme, la taille réduite
des institutions renchérissant les coûts
de services et pénalisant leur viabilité
financière, l'absence d'intégration verticale
avec le secteur bancaire, la faiblesse des capacités
techniques et organisationnelles et la qualité
de la gestion institutionnelle du secteur.
La cérémonie s'est déroulée
en présence des ministres de l'intérieur,
des postes et télécommunications, des
affaires économiques et du développement,
de l'énergie et du pétrole, des mines
et de l'industrie, du commerce, de l'artisanat et du
tourisme, de la secrétaire d'Etat à la
condition féminine, du commissaire aux droits
de l'homme, à la lutte contre la pauvreté
et à l'insertion, du secrétaire général
du gouvernement, du gouverneur de la Banque centrale
de Mauritanie, de la représentante résidente
du PNUD et des autorités administratives et communales
de Nouakchott.
AMI
L'unanimité sur la composition des membres de
la Commission électorale nationale indépendante
(Ceni)
Nouakchott, 22 nov (AMI) - Le ministre secrétaire
général de la Présidence du Conseil
Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD),
M. Habib Ould Hemeth, a informé aujourd'hui,
mardi, les partis politiques de la composition de la
commission électorale indépendante (Ceni).
Cette composition est le fruit d'une large concertation
ces derniers jours entre le gouvernement et les acteurs
politiques.
Au cours de la réunion, qui s'est déroulée
au Palais des congrès en présence des
membres du comité interministériel chargé
du processus électoral, le ministre a évoqué
les différentes étapes aboutissant à
cette formation, précisant que le gouvernement
avait proposé, en deux temps, une liste de 60
personnes et reçu 70 propositions. Il a ajouté
qu'une étude minutieuse a été effectuée
sur 150 noms disposant des qualifications requises.
Le ministre a par la suite indiqué que la composition
finale a été retenue suivant la répétition
des noms proposés et suivant les critères
de représentativité politique, géographique
et démographique. Le facteur âge a été
pris en compte pour permettre la représentation
des âges de moins 45 ans, ceux de plus 45 ans
et les personnes âgées de plus de 60 ans.
M. Habib Ould Hemeth a enfin remercié les acteurs
politiques pour le haut degré de responsabilité
qu'ils ont observé durant ces concertations.
A la fin de la réunion, la liste des membres
a été communiquée puis adoptée
à l'unanimité. Elle sera soumise au gouvernement
avant d'être annoncée officiellement. |