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Le chef de l'Etat: le CMJD honorera
ses engagements
Nouakchott, 8 oct (AMI) - Le Président du Conseil
Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD),
chef de l'Etat, le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, a
affirmé samedi soir, lors d'une conférence
de presse, que le Conseil Militaire pour la Justice
et la Démocratie "honorera ses engagements
et mènera à terme la période de
transition".
Il s'agit, rappelle-t-on, de la première conférence
tenue par un chef d'Etat mauritanien. Cette rencontre
avec des dizaines de journalistes mauritaniens de la
presse officielle, indépendante et internationale
s'est déroulée dans un esprit d'ouverture,
de débat libre et franc. Le langage du chef de
l'Etat, les idées convaincantes et les visions
qu'il a développées ont impressionné
l'assistance.
Le Président a tenu à répondre
à toutes les questions posées et permis
aux journalistes de s'exprimer suivant leurs préoccupations
et priorités.
Au cours de cette conférence de presse, le chef
de l'Etat a fait le tour d'horizon de la situation politique,
économique et sociale du pays.
Le chef de l'Etat a tenu à souligner que la presse
joue un rôle prépondérant dans la
sensibilisation de l'opinion notamment en cette période
de transition démocratique. " Le Conseil
Militaire pour la Justice et la Démocratie est
engagé sur la voie de la réalisation de
son programme de réformes politiques qui aboutira
à l'élection à la magistrature
suprême du pays d'un président démocratiquement
élu et honorera tous les engagements pris",
a-t-il souligné.
Le Colonel Ely Ould Mohamed Vall a rappelé que
notre pays "n'a pas vécu la démocratie
puisque depuis son indépendance jusqu'au changement
du 3 août il n'y a eu que le régime du
parti unique où des gouvernements et des régimes
concevaient les politiques et les stratégies
et exigeaient du peuple de les avaliser ". "Les
idées que nous défendons émanent
du cœur, nous y croyons et nous allons les promouvoir
auprès du peuple, les discuter avec son élite
et les expliquer comme il faut afin de convaincre de
leur importance pour l'avenir du pays", a-t-il
dit.
La Mauritanie est restée ces dernières
années dans la sous-région et par rapport
à ses voisins une exception car tous les pays
voisins, que ce soit le Maroc, l'Algérie, le
Mali ou le Sénégal, ont opté pour
des gouvernements d'alternance et des parlements représentatifs
de leurs peuples et de leur paysage politique, a affirmé
le chef de l'Etat. "Notre situation politique par
rapport aux pays de la sous-région était
explosive .. Nous étions assis sur un volcan
et une telle situation pouvait dégénérer
à tout moment", a-t-il expliqué.
"Il est grand temps de rompre avec le passé
et ses pratiques nuisibles pour les attentes légitimes
du peuple à une vraie démocratie et à
une égalité et justice", a encore
précisé le chef de l'Etat qui a aussi
mis en exergue que le type de régime qu'on avait
dans notre pays ne pouvait conduire qu'à la dérive
et qu'à un certain moment donné et après
plus de 20 ou 25 ans de pouvoir absolu ce sera le tour
du dauphin ou du fils. "Un tel régime ne
pouvait pas s'adapter aux nouvelles exigences et aux
mutations politiques et économiques qui requièrent
toute une nouvelle façon de voir les choses,
une telle attitude ne mène forcement qu'à
l'embrasement" a-t-il déclaré.
Le président du CMJD a également indiqué
qu'un tel régime ne pouvait prendre sa retraite
puisque qu'il a fermé toutes les voies de l'alternance
aux acteurs politiques. C'est pourquoi, a-t-il ajouté,
" le changement permettra d'absorber le mécontentement
et fera renaître des espoirs et c'est ça
la philosophie du changement du 3 août. Il était
hors de question de différer la crise généralisée
dans laquelle le pays se débat; il fallait agir
sans tarder pour éviter à la Mauritanie
le chaos. Il était question de deux choix à
prendre : des risques avec l'espoir ou des risques sans
espoir et c'est le premier choix qui a été
le mieux adapté à notre situation".
"Face à la détérioration de
la situation à laquelle est arrivé notre
pays, le changement du 3 août était l'ultime
solution pour imposer l'alternance" a indiqué
le Président du CMJD. Le pays était géré
de manière incitative au clientélisme
et à l'esprit opportuniste sans aucun souci de
transparence et d'équité. "L'essentiel
dans la prochaine phase de la vie de notre pays c'est
de créer de nouvelles bases pour le comportement
et refonder les rapports entre les pouvoirs et le peuple
sur des bases saines", a dit le Chef de l'Etat.
Le Président du CMJD a annoncé la fin
des travaux des trois comités interministériels.
Il a indiqué que les résultats des travaux
des comités seront soumis au gouvernement et
au Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie
avant d'être soumis aux partis politiques et à
la société civile pour concertation.
S'agissants des volets économiques de la crise,
le colonel Ely Ould Mohamed Vall a précisé
que la dette intérieure de l'Etat se chiffre
à plus de 80 milliards d'ouguiyas, soit environ
les revenus pétroliers du pays pour près
de deux ans. "Cette dette n'était pas connue
ou, encore moins, communiquée à l'opinion
ou aux bailleurs de fonds. Ce qu'il y avait, c'est plutôt
un maquillage et une falsification des données
et des réalités du pays pour impressionner
ou pour obtenir de nouvelles faveurs ou prêts",
a-t-il précisé.
Le Président du CMJD, chef de l'Etat a ensuite
donné la parole aux journalistes pour poser leurs
questions.
A propos de la justice et de la bonne gouvernance,
le chef de l'Etat a indiqué que le respect des
règles de la bonne gouvernance constitue le plus
grand acte de justice . "La bonne gouvernance c'est
l'acte au quotidien de la justice et de la bonne gouvernance",
a-t-il dit.
A propos du terrorisme international, le chef de l'Etat
a réitéré " la ferme condamnation
de notre pays et son rejet de ce phénomène".
"Les coutumes, les traditions et la religion des
mauritaniens s'opposent au terrorisme; nous y sommes
fermement opposés car il s'agit pour nous d'une
affaire de sécurité nationale. Nous ferons
de notre mieux pour en empêcher la propagation
du terrorisme dans notre pays. Nous avons des engagements
internationaux que nous respectons entièrement",
a-t-il expliqué.
Interrogé sur les relations avec Israël,
le chef de l'Etat a précisé que la Mauritanie
a toujours été et demeurera à la
tête des pays soutenant la juste cause du peuple
palestinien. Chaque temps a ses exigences et mode de
travail et je vous assure que cette relation n'est pas
au détriment du peuple palestinien, a-t-il rassuré.
Concernant l'Union du Maghreb arabe, le colonel Ely
Ould Mohamed Vall a précisé que la Mauritanie
est très attachée à l'édification
de cet ensemble " qui est à même de
protéger nos intérêts". L'UMA
est d'une extrême nécessité pour
l'avenir des pays de la région, a-t-il dit.
A propos de la question du Sahara Occidental, le chef
de l'Etat a indiqué que notre pays " adopte
une position de neutralité entre nos frères
et soutient toute position des Nations Unies pouvant
trouver des solutions consensuelles".
Interrogé sur le problème des réfugiés
mauritaniens au Sénégal, le chef de l'Etat
a indiqué qu'il était prêt et dans
l'immédiat à ouvrir les bras à
tout mauritanien se trouvant à l'extérieur.
"Je n'occulte aucun problème national; chaque
chose a son temps, c'est une lâcheté d'occulter
un problème national. Nous sommes contre l'utilisation
comme fonds de commerce de tel ou tel problème
national; nos problèmes devront se régler
ici entre mauritaniens", a ajouté le Président
du CMJD.
A propos des relations de la Mauritanie avec les pays
arabes, notamment ceux du Golfe, le chef de l'Etat a
réaffirmé " l'attachement de la Mauritanie
à de bons rapports avec les pays du Golfe".
Interrogé sur la situation du choléra,
le chef de l'Etat a précisé que les cas
propagés de cette épidémie dans
notre pays sont maîtrisés en terme de traitement,
médicaments et prise en charge des malades.
Le Président du CMJD, chef de l'Etat, a ensuite
donné la parole au premier ministre Monsieur
Sidi Mohamed Ould Boubacar qui a fourni des chiffres
sur la "situation difficile que traverse notre
pays dans le domaine économique et financier
et nos rapports détériorés avec
les bailleurs de fonds avec lesquels on a failli arriver
à la rupture".
Le premier ministre a précisé que le déficit
budgétaire au 3 juin dernier a atteint 37 milliards
700 millions d'ouguiyas, soit 7,6 pour cent du PIB.
Ce taux est très élevé par rapport
au niveau programmé avec les bailleurs de fonds,
a-t-il indiqué. "En terme de prévisions,
ce même taux atteindrait au 31 décembre
prochain 72 milliards soit 17,7 pour cent du PIB. On
y est arrivé à cause de la mauvaise gestion
du budget et des grands déséquilibres
macro-économiques. Cette situation est le résultat
des accumulations des années passées",
a expliqué M. Sidi Mohamed Ould Boubacar.
A propos de la situation financière des entreprises
publiques, le premier ministre a précisé
que " la SNDE, la Somelec et la Sonimex, à
titre d'exemples, est alarmante: endettement de plusieurs
milliards d'ouguiyas". "Pour faire face à
cette situation, des mesures urgentes ont été
prises au plan budgétaire et financier , un projet
de loi rectificative de la loi des finances en cours
sera pris dans les semaines à venir", a-t-il
ajouté.
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