MAURITANIE : ÉCONOMIE


  Le secteur minier et la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière)
  Budget et politique monétaire en Mauritanie
  L'inflation redémarre en Mauritanie
  Les échanges commerciaux entre la France et la Mauritanie en 2004
  Projet d'exploitation de la mine de cuivre d' Akjoujt
  Les hydrocarbures en Mauritanie
  Analyse des risques pour l'exploitation pétrolière notamment off shore
  Le Secteur Industriel
 
L'approche du marché :

Code mauritanien de l'arbitrage (26/05/2003)
Code mauritanien de l'électricité (26/05/2003)
Code mauritanien des douanes (26/05/2003)
Code mauritanien des investissements (26/05/2003)
Code mauritanien des marchés publics ( 26/05/2003)
Code mauritanien du commerce ( 26/05/2003)
Code mauritanien du travail (26/05/2003)
Composition du dossier d'agrément au code mauritanien des Investissements (26/05/2003)
Convention collective du travail (26/05/2003)
Convention type ( 26/05/2003)

   
   

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

En Mauritanie, l'emprise croissante du désert saharien empiète chaque jour davantage sur les terres arables. Les surfaces cultivées ne représentent plus maintenant que 0,5 % du territoire national, qui s'étend sur 1 025 000 km². Elles se limitent en une étroite bande au sud du pays, longant la basse vallée du fleuve Sénégal et la frontière du Mali. Il convient cependant de ne pas oublier les palmeraies et les petits jardins dans les oasis, de l'Adrar, en particulier.

Outre des conditions climatiques souvent pénibles, l'agriculture subit régulièrement de nombreux prédateurs : criquets-pèlerins, sauterelles, rats, oiseaux, etc. Néanmoins, les autorités mauritaniennes ont accordé la priorité à ce secteur, afin de parvenir à l'autosuffisance alimentaire, en augmentant la production agricole par de meilleurs rendements, une extension des périmètres cultivés, une meilleure formation des paysans et un certain niveau de mécanisation des exploitations agricoles.

CULTURES

La principale production est le sorgho (plus de 130 000 t par an) dans le sudauquel s'ajoute le riz (plus de 100 000 t par an) dans la vallée moyenne du fleuve Sénégal, entre Kaédi et Keur Massène. La production de maïs est supérieure à 11 000 t par an. La culture du gommier est en nette régression. Quant aux palmiers-dattiers des oasis, ils produisent 22 000 t de dattes par an. Les cultures maraîchères (2 500 t) sont en plein essor dans les petits champs et jardins à la périphérie de Nouakchott ou dans les palmeraies des oasis. Autres ressources : le mil (13 000 t), le blé (400 t), l'orge (300 t), les pois (22 000 t), ...
   

ÉLEVAGE

Malgré les conditions climatiques difficiles, l'élevage demeure la principale activité des Mauritaniens. Il s'agit essentiellement d'élevage de dromadaires, dont la quête des pâturages est liée à la distribution des pluies.
L'hiver, lorsque la saison sèche s'étend sur l'ensemble du pays, ils restent le plus au nord possible, où quelques pluies éparses peuvent se produire. Puis, ils descendent vers le sud pour prendre leurs quartiers d'été, car la mousson remonte alors, amenant la pluie sur une bonne partie du pays. les éleveurs du sud de la Mauritanie - qui possèdent à la fois des troupeaux de chameaux, de bovins et de moutons ainsi que de chèvres - effectuent un parcours inverse : l'hiver (saison sèche), ils sont le plus près possible du fleuve Sénégal et de la frontière malienne, où la végétation est sahélienne (savanes) et non pas désertique, comme dans le nord de la Mauritanie.
Puis, à la saison des pluies, ils remontent avec la mousson, vers les pâturages du nord, sans dépasser l'isohyète

100 mm (ligne allant de Nouakchott à Oualâta, où les pluies sont de même importance).
Quelques nuances existent cependant : depuis quelques décennies, les éleveurs sont devenus propriétaires de palmeraies et de champs dans les oasis, aussi ne consacrent-ils plus la totalité de leur temps à transhumer; ils se fixent quelques mois maintenant pour participer aux récoltes.
Pour l'ensemble du pays, le cheptel s'élève à 2 million de dromadaires, plus de 10 millions d'ovins et de caprins et 4 million de bovins, soit 8 à 10 % du PNB.
   

PÊCHE

La pêche est une source majeure de revenus en Mauritanie : elle représente aujourd'hui 6 % du PIB et 40 % des recettes d'exportation. Sa production atteint 640 000 t par an dont 570 000 t d'espèces pélagiques (sardinelles, chinchards, anchois, maquereaux, etc...).
Les eaux territoriales mauritaniennes sont considérées comme les plus poissonneuses au monde. Le pays compte de nombreux artisans-pêcheurs, dotés de pirogues à moteur ou pêchant à la senne (en particulier les Imraguen de la côte Atlantique, entre Nouakchott et Nouâdhibou).
La Mauritanie s'est dotée d'une flottille nationale de pêche industrielle constituée d'une centaine de chalutiers, d'un dock flottant et d'ateliers pour le carénage et la réparation, et dispose d'installations frigorifiée.

La libération de l'économie encouragée par les pouvoirs publics offre d'importantes possibilités d'investissements dans ce secteur aux promoteurs nationaux et étrangers.
Cependant, l'arrivée en nombre de flottilles ultra-modernes à haute productivité risque, à terme, de réduire à néant les ressources halieutiques du pays.
Aussi, le pays a pris les mesures qui s'imposent avant de renouveler ses accords de pêche avec les pays de l'Union européenne. Il a pour objectif de régénérer son stock de poissons et de poulpes, en attendant de se doter d'une flotte moderne.
 

LES MINES

Les mines n'en emploient guère plus de 5 % de la population active et cependant, elles représentent la deuxième grande activité économique du pays (30 % du PIB en 1998 et environ 40 % des recettes d'exportation).
Depuis 1963, la Mauritanie exploite le minerai de fer de la Kediet ej Jill (réserves estimées de 5 à 6 milliards de tonnes).
Pour l'exploiter, il a fallu créer une ville nouvelle à Zouerat, des installations de traitement et d'enrichissement, ainsi qu'un chemin de fer de plus de 600 km reliant F'Dérik au port minéralier de Nouâdhibou.
Ces dernières années n'ont pas été très bonnes pour la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière), en raison de la crise du marché international de l'acier, qui a vu bon nombre d'entreprises sidérurgiques fermer en Europe.
La production de minerai mauritanien est descendue à environ 7 millions de tonnes en 1982-1983, la plus mauvaise période de l'histoire avec la SNIM, car elle coïncidait avec l'ouverture de nouveaux gisements des «guelbs» et l'inauguration d'une usine d'enrichissement du minerai, pouvant traiter 15 millions de tonnes.

Malheureusement la crise mondiale, et surtout la crise asiatique de la fin des années 1990, n'a pas amélioré les conditions du marché international du fer (dominé par l'Australie et le Brésil). les producteurs ont dû consentir des baisses de prix de 11 % en 1999. En Mauritanie, la production a longtemps stagné autour de 7 000 t/an, mais maintenant elle exporte plus de 11 000 t par an. Le paysreste un des plus gros fournisseurs de la France (13 %), derrière le Brésil (36 %), l'Australie (26 %) et le Canada (14 %). L'optimisme est revenu chez les mineurs, d'autant que le risque de ne pas pouvoir faire face à l'afflux de la demande - en raison de l'épuisement des gisements de la Kediet ej Jill - est dissipé.
De nouveaux gisements ont été découverts à proximité, dans le guelb Mhaoudat, à 55 km au nord-est de Zouerat.
D'une teneur en fer aussi riche que ceux de la Kediet (65 %) et plus riches que ceux du guelb Rhein (35 %), ils n'auront plus besoin d'être enrichis, d'où des économies substantielles dans leur exploitation.
On estime que le gisement de Mhaoudat recélerait 80 millions de tonnes de minerai de fer, immédiatement exploitable, et davantage encore dans des réserves additionnelles.
   

AUTRES ATOUTS

Autres richesses du sous-sol : le gypse (400 millions de t.), extrait de la sebkha de Ndramcha, au nord de Nouakchott, l'eau minérale de Bennichchâb, entre Nouakchott et Akjoujt, et bientôt, peut-être, de l'uranium et de l'or dans le nord et des phosphates, près du fleuve Sénégal. Quant à la mine de cuivre du guelb Moghrein, près d'Akjoujt, connue depuis la préhistoire, actuellement inexploitée, on a décidé de la remettre en service.

Enfin, l'explotation des gisements pétroliers commencera d'ici la fin 2005.
Par ailleurs, de grosses entreprises minières, comme De Beers, Rio Tinto et Rex Diamond ont obtenu des permis de recherches diamantifères dans le nord du pays (notamment dans l'Achkar et l'Inchiris).
L'industrie est encore très embryonnaire en Mauritanie.
Elle se concentre surtout à Nouakchott (textile, agro-alimentaire, matières plastiques, cimenteries) et à Nouâdhibou (raffinerie de pétrole, constructions mécaniques, agro-alimentaires)
Elle emploie environ 5 % de la population active.
   

INSTALLATIONS PORTUAIRES

Dans le domaine des transports et des réalisations, la République Islamique de Mauritanie a accompli un effort considérable pour se doter d'une infrastructure moderne et performante.
En plus du port de pêche et minéralier de Nouâdhibou, le pays compte un port en eau profonde Nouakchott : le Port de l'Amitié, construit en 1989. D'une capacité de 1,5 million de tonnes par an, ce port traite aujourd'hui environ 700 000 t de marchandises par an, dont une bonne part en conteneurs.

Ses installations modernes, notamment dans le domaine de la manutention (grues), lui permettent d'accueillir un nombre croissant de navires porte-conteneurs,RO/RO et vracquiers, qui remplacent les navires conventionnels.
Le port de Nouâdhibou offre à ses utilisateurs 962 m de quai avec 8 postes de chargement. Il possède 5 fabriques de glace, dont 3 tunnels sur le quai pour la livraison de glace (10 t./tunnel/jour) et il compte plusieurs unités de conservation et de transformation des produits de la mer, avec des entrepôts frigorifiques d'une capacité totale de 30 000 t ainsi que 2 grues sur rail.
   

LA ROUTE DE l'ESPOIR, l'ÉNERGIE ET l'EAU

Dans le domaine des infrastructures terrestres, la Mauritanie a inauguré en 1985 la «Route de l'Espoir», grande voie transversale reliant Nouakchott à Néma (1 150 km), aux confins orientaux du pays. Cette route a permis de désenclaver une bonne partie des régions du pays et d'ouvrir un axe économique important vers le Mali. Il reste aujourd'hui à en assurer la maintenance, les vents de sable poussant sans cesse les dunes au travers de la route. D'autres axes routiers bitumés sont en chantier, comme celui reliant Nouakchott - Nouâdhibou. Quant au transport aérien, la Mauritanie dispose pour recevoir les grandes compagnies internationales, de l'aéroport et de l'aérogare de Nouakchott (204 000 passagers par an) qui ont été complètement modernisés.
C'est le cas également de l'aéroport d'Atâr, où se posèrent les premiers charters. Enfin, on projette de construire un grand aéroport international au nord de Nouakchott à Jreïda. le transport aérien intérieur est assuré par la compagnie nationale Air Mauritanie.

Des efforts considérables ont été déployés au cours de ces dernières années pour doter le pays d'un réseau de production et de distribution de l'électricité. De grandes centrales thermiques ont été réalisées dans les principales villes du pays. La première, celle de Nouâdhibou, d'une puissance de 22 MW, a été mise en service en 1978. Celle de Nouakchott, de 28 MW, a été achevée en 1989. Ces deux installations couvrent les besoins des deux villes, tant pour la consommation domestique que pour le développement industriel. D'autres centrales ont été construites à Boutilimit, Aleg, Kiffa, Ayoûn El'Atroûs,Timbedgha et Néma (villes situées le long de la Route de l'Espoir).
L'énergie électrique étant un secteur pilote pour le développement et la modernisation du pays, ainsi que pour la réalisation du bien-être social, les autorités publiques s'emploient à son extension aux villages de l'intérieur. Une autre source d'énergie envisagée, cette fois-ci renouvelable : le vent. Dénommé Alizés Electrification Rurale, ce projet (financé en partie par la France) pourrait alimenter : 135 villages, soit 7 000 familles, faisant de la Mauritanie une nation pionnière dans ce domaine. (Parmi lesutilisations du projet : l'électrification des dispensaires et des écoles, le pompage de l'eau et l'éclairage public). Dix villes de l'intérieur ont été dotées d'un système d'alimentation en eau potable par adduction à partir de nappes souterraines (Aleg, Atâr, Akjoujt, Kiffa, Néma, Tidjikja, Bogué, Boutilimit,Timbedgha et M'Boût).
Dans le cadre de l'OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal), à laquelle appartiennent le Mali, le Sénégal et la Mauritanie, deux barrages ont déjà été réalisés : Diama et Manantali, pour accroitre les ressources de ces pays en eau d'irrigation et en électricité.
   


TOURISME EN DEVELOPPEMENT

Depuis l'arrivée des premiers charters à Atâr, le tourisme commence à se développer en Mauritanie (24 000 touristes en 2000). Pour le moment, il s'agit essentiellement d'un tourisme sportif (randonnées) et culturel, surtout axé sur les découvertes des villes anciennes de l'Adrar (Chinguetti, Ouadâne) et du Tagant (Tidjikja, Tichît), ainsi que de la découverte du désert saharien. Il est envisagé que le tourisme balnéaire soit promu, avec la construction de villages de vacances sur la côte.
En attendant, les touristes épris de l'océan peuvent déjà aller visiter le Parc des Oiseaux du Banc d'Arguin et du Diaouling, ou s'adonner à la pêche sportive au Centre de pêche de Nouâdhibou. En 1998, le tourisme a rapporté au pays plus de 10 millions de dollars.

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